ONDES
URBAINES

Ondes urbaines n°153 - 15/11/2017

Culture

Françoise Nyssen reçoit une délégation de Villes de France


La ministre de la Culture et de la Communication recevait mardi 14 novembre 2017 une délégation d’élus de Villes de France* afin d’évoquer les enjeux phares des politiques culturelles pour les villes de taille moyenne.  Au menu : redynamisation des centres-villes, emplois aidés, pass culture, relations avec les Architectes des Bâtiments de France et bibliothèques.
Menaces sur les budgets Culture et emplois aidés
Caroline Cayeux a rappelé l’attachement des villes de taille moyenne pour les politiques culturelles qui sont au cœur des dynamiques du bien-vivre ensemble. Les Villes de France doivent toutefois s’adapter aux contraintes financières auxquelles elles font face et les emplois aidés sont un dispositif essentiel pour les institutions et animations culturelles locales. La baisse simultanée des concours financiers de l’Etat et des emplois aidés fait effet de double peine pour les collectivités locales. Le bloc local a diminué depuis quelques années ses subventions aux associations, les emplois aidés qui s’inscrivent sur 3 ans permettent de maintenir un soutien.
Jean-François Debat rappelle qu’au regard du faible nombre d’emplois aidés restant et de la priorité mise sur le handicap et l’éducation nationale, il restera peu de possibilités pour la culture. Par ailleurs, les villes et intercommunalités diminuent leurs concours financiers notamment en termes de dépenses de fonctionnement. Dans le même temps, les départements diminuent leur soutien à la culture car ils se recentrent sur leurs compétences obligatoires. Les régions investissant moins également, le secteur de la culture subit ainsi une baisse cumulée qui peut remonter à une dizaine d’années.
La ministre Françoise Nyssen a rappelé que 200 000 emplois aidés seront maintenus et qu’un certain nombre sera fléché vers la culture. L’enjeu est de montrer le potentiel d’emplois à la clé et d’éviter l’effet d’aubaine. Elle met en avant les contraintes financières de l’Etat, les efforts doivent être à tous les niveaux. Le ministère de la Culture participe dans la mesure de ses possibilités au financement des conservatoires et du patrimoine, avec un budget en hausse pour ces deux sujets.
La culture, ciment de la cohésion des territoires et plan villes moyennes
Françoise Nyssen précise que son ministère est pleinement associé au ministère de la Cohésion des territoires sur l’élaboration du plan d’action en faveur des villes moyennes. Elle estime urgent de s’appuyer sur ce qui se passe sur le terrain et de construire sur la base d’une réflexion commune. Les DRAC sont des entités importantes pour accompagner et soutenir l’innovation. Les axes sur lequel travaille le ministère portent sur l’habitat et le changement d’usage des sites à valeur patrimoniale, le développement de projets artistiques et culturels dans l’aménagement du territoire ainsi que les commerces d’objets culturels de proximité et les cinémas en centre-ville.
Les élus évoquent leur faible marge de manœuvre sur les commerces culturels, ils veillent dans la mesure du possible à permettre le maintien des librairies et cinémas en incitant à la création et au rachat d’entreprise. L’enjeu des modalités de régulation est essentiel. Ainsi, pour obtenir des soutiens financiers, il doit y avoir absence de concurrence. Jean-François Debat, regrette l’absence de compétence pour le bloc local pour contribuer à estimer la viabilité économique d’une entreprise alors que les élus connaissent le territoire.
Laurent Kalinowski, maire de Forbach, présente la stratégie de son territoire, qui vise à redynamiser le centre-ville en ramenant des institutions culturelles, et fait de la culture une composante essentielle de l’attractivité et du développement de la ville.
Xavier Bonnefont, maire d’Angoulême, souligne l’importance du cinéma dans le centre-ville. Il évoque les difficultés de faire valoir cette dimension au niveau de la Commission Nationale d’Aménagement commercial (CNAC) depuis quelques années.
La ministre marque son intérêt pour ces problématiques et souhaite œuvrer pour de meilleurs fléchages des cinémas vers les centres-villes.
Pass Culture et ouverture des bibliothèques
Le dispositif sera mené de manière expérimentale dans un premier temps, sur la base d’un budget de 5 millions d’euros et en termes de méthode, seront associés les élus et les citoyens, en particulier les jeunes. L’IGAC mène une étude afin d’identifier l’existant. Une application permettra au jeune de rester maître de son choix, l’enjeu étant d’ouvrir vers des pratiques artistiques et l’accès aux œuvres notamment en termes de politiques de mobilité.
Les élus font un retour de leurs propres expériences du pass culture. Jean-François Debat, retient ainsi qu’il faut une conception large du pass car par exemple, l’accès aux seuls cinémas d’art et d’essai limite l’offre aux seules métropoles. Il souligne également la lourdeur et le coût du dispositif en termes de gestion du droit individuel et

 

d’équipement des médiateurs.
S'agissant de l'ouverture des bibliothèques, Françoise Nyssen rappelle l’enjeu d’ouvrir mieux et d’aller au-delà des usages lecture avec les 16 000 bibliothèques sur le territoire. Des estimations financières d’une politique de plus large ouverture des bibliothèques en fonction des besoins des citoyens sont menées.
Les élus approuvent le fait d’adapter les horaires des bibliothèques mais s’interrogent sur les modalités. Ils rappellent le contexte tendu et le caractère coûteux d’ouvrir en soirée ou le dimanche.
Mode de contractualisation et relations aux ABF
La ministre souhaite que le mode de contractualisation avec les collectivités évolue vers plus de souplesse, de simplicité, de possibilités d’expérimentation et de solidarité. Deux clauses seront systématiquement incluses aux contrats, elles concerneront l’Education artistique et culturelle (EAC) et la solidarité. Par ailleurs, les DRAC sont des services déconcentrés qui doivent être le point d’attache des collectivités.
Laurent Kalinowski, maire de Forbach, souligne les convergences entre urbanisme et culture dans son projet de dynamisation du territoire. Il souhaite ainsi associer les dispositifs ANRU et les dispositifs liés aux centres-villes. Son ambition consiste à mettre en place un pôle culturel en centre-ville et à prendre la scène nationale comme support pour le centre-ville. Il s’interroge sur l’accompagnement du ministère en termes d’accueil de la diversité culturelle et de création artistique, rappelant l’enjeu essentiel de l’ingénierie pour le bloc local.
Xavier Bonnefont, maire d’Angoulême, se félicite du projet d’évolution des fonctions des DRAC vers davantage d’accompagnement et d’innovation, ces services étant actuellement surtout dans l’exécution de règlements.
Caroline Cayeux déplore les rigidités parfois surprenantes qui freinent les projets des collectivités. Jean-François Debat souligne la problématique des élus avec une disposition législative récente qui donne pouvoir aux ABF sur les aménagements du domaine public et non sur les seuls bâtiments. Xavier Bonnefont, rejoint ces attentes et invite à recentrer les missions des ABF sur l’essentiel.
Françoise Nyssen se dit à l’écoute des élus sur ce dossier et souhaite libérer les ABF des rigidités.
*La délégation était composée de Caroline Cayeux, maire de Beauvais, présidente de Villes de France, Jean-François Debat, maire de Bourg-en-Bresse, président délégué de Villes de France, Xavier Bonnefont, maire d’Angoulême et Laurent Kalinowski, maire de Forbach.

n°153

15 Nov 2017

2






Partager sur :



Directeur de la publication
Jean-François DEBAT, maire de Bourg-en-Bresse, président de la CA Bourg-en-Bresse Agglomération

Rédaction
Céline Juteau, Armand Pinoteau, Jean-Sébastien Sauvourel, Adrian Philip

Secrétariat
Anissa Ghaidi