ONDES
URBAINES

Ondes moyennes n°668 - 23/10/2013

Education

Nouveaux rythmes scolaires : 41 villes moyennes en 2013


Alors qu’une polémique nouvelle émerge sur l’opportunité de la réforme des rythmes scolaires, la Fédération des villes moyennes publie les résultats d’une enquête réalisée du 15 septembre au 15 octobre auprès de ses adhérents (échantillon de 154 villes).

41 villes moyennes (26%) ont appliqué la réforme dès 2013 (voir carte ci-contre). La grande majorité d’entre elles (85%), a généralisé les nouveaux rythmes à l’ensemble des écoles de la commune.
• Toutes les villes moyennes qui ont appliqué la réforme dès 2013 disposaient préalablement d’un Contrat éducatif local (CEL), ou d’un Projet éducatif local (PEL).
• Les 2/3 d’entre elles ont déjà signé leur Projet Educatif Territorial (PEdT).
• Les 41 villes qui ont mis en œuvre la réforme dès cette année nous ont signalé des problèmes importants de recrutements des animateurs pour les activités péri-éducatives ; soit par manque de candidats qualifiés, soit parce que le nombre d’heures émiettées est peu attractif.

Organisation
Force est de constater que la très grande majorité des communes a fait le choix du mercredi pour la demi-journée supplémentaire, même si selon les experts, l’intérêt de l’enfant donnerait la priorité au samedi matin. Par exemple, Verdun a demandé une dérogation pour les cours le samedi matin.
En effet, si l’on se réfère aux recommandations du rapport de l’Académie de médecine adopté le 19 janvier 2010, « la semaine de 4 jours est un contresens biologique qu’il faut abolir en aménageant impérativement le temps scolaire sur 4 jours et demi, sachant que la demi-journée de travail supplémentaire serait préférable le samedi plutôt que le mercredi matin pour éviter la désynchronisation inévitable de l’enfant en début de semaine ». On est donc en droit de se demander que vaut dans cette réforme l’intérêt de l’élève au regard des égoïsmes cumulés des adultes, qu’ils soient parents ou enseignants !
En règle générale, et selon les premiers PEdT analysés, l’aménagement du temps scolaire sur la semaine est généralement organisé (avec quelques nuances sur les horaires de début de demi-journée) de la façon suivante :
8h30-11h30, Lundi, Mardi, Mercredi, Jeudi, Vendredi et 13h30-15h45 Lundi, Mardi, Jeudi, Vendredi.
Dans ce cas, les activités périscolaires sont organisées par séquence de ¾ d’heure. Ce qui laisse peu de temps pour organiser des activités, qui nécessitent du matériel, voire un déplacement.
Ainsi, pour ce qui concerne le Temps d’activité périscolaire (TAP), les solutions sont multiples. A titre d’exemple :
- Nevers propose une fois par semaine un parcours éducatif de 14h45 à 16 h. Les autres jours, les horaires de classe sont : 8h30-11h45 – 13h45-16h.
La commune est divisée en 4 zones de façon à faire tourner le jour avec activités périscolaires et les activités proposées avec des animateurs qualifiés. Par souci d’équité, la rotation de cette sectorisation hebdomadaire est prévue annuellement.
- D’autres villes, comme Périgueux, organisent 2 séquences d’1h30 pour palier la difficulté à organiser des activités de 45 mn sur les 4 jours.
Les dysfonctionnements en maternelle
Le ministre de l’Education nationale a reconnu lors d’un déplacement dans l’Ain, le 14 octobre, que le système tel qu’il est conçu aujourd’hui était perfectible, en particulier pour ce qui concernent les élèves de maternelle.
La réforme des rythmes scolaires ne dissocie pas les différences de capacités physiques et biologiques entre les enfants en élémentaire et en maternelle. Les enfants de maternelle, en particulier les « toutes petites sections » et les « petites sections » ont des difficultés à suivre les activités péri-éducatives après la sieste et après une journée d’école. Le rythme de la journée est beaucoup trop chargé pour les 2 à 4 ans.

 

Ainsi, un certain nombre de villes moyennes signalent que les enfants de maternelle sont désorientés puisqu’ils sont réveillés pour participer aux Temps d’activités périscolaires avec de nouvelles personnes autres que l’institutrice. Ces constats rejoignent les préoccupations de la ministre de la Famille qui déclarait le 15 octobre que « les enfants de maternelle ont besoin de temps libre entre la sieste et les activités ».
Surcoût : 192 euros par élève et par an en moyenne
Pour les 41 villes moyennes « 2013 », le coût moyen de cette réforme s’élève par élève et par an à : 192 euros (avec des extrêmes très marqués : 25,52 à 475 euros). Parmi elles, 3 villes ont demandé une participation des familles fixée selon le quotient familial.
L’épineuse question financière de cette réforme continue de faire l’objet de controverse. En effet, si en grande majorité les élus ne remettent pas en cause le principe même de la réforme, les maires des villes moyennes ont exprimé à maintes reprises leur préoccupations quant aux contraintes qui pèsent sur leur budget. Ils ont demandé au Gouvernement de reconnaître cette nouvelle charge comme un transfert de compétences, qui selon la loi, doit être compensé.
Les maires des villes moyennes ont appris par voie de presse que le Premier ministre s’était engagé auprès du président de l’Association des Maires de France à ce que le fonds d’amorçage de 50 euros par élève soit reconduit en 2014, et en ont pris acte.
Et pour l’avenir…
Pour les 3/4 des villes moyennes qui appliqueront la réforme en 2014, et selon le cabinet du ministre de l’Education nationale : « les rythmes scolaires ne doivent pas devenir un sujet lors des élections municipales », il a été proposé que le projet soit porté par les équipes municipales en place et que les documents de préfiguration de la mise en œuvre de la réforme soient remis aux Directeurs Académiques des Services de l'Education Nationale (Dasen) avant le 31 décembre 2013. L’écriture d’un PEdT implique en effet un travail partenarial assez lourd. Ainsi, un avant projet, pour les horaires ainsi que les grandes lignes de ce qui deviendra le PEdT définitif, pourrait suffire pour préparer la rentrée 2014.
Nul doute que l’ensemble de ces questions seront à nouveau débattues lors du colloque : - « Réforme scolaire : trouver le bon rythme » - organisé par la Gazette des communes en partenariat notamment avec la Fédération des Villes Moyennes, mardi 14 novembre, à Paris.


 

n°668

23 Oct 2013

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Directeur de la publication
Jean-François DEBAT, maire de Bourg-en-Bresse, président de la CA Bourg-en-Bresse Agglomération

Rédaction
Céline Juteau, Armand Pinoteau, Jean-Sébastien Sauvourel, Adrian Philip

Secrétariat
Anissa Ghaidi