D’après une étude du laboratoire d’idées La Fabrique de l’industrie, la concentration de PMI sur un même territoire génère un effet positif mesurable appelé « effet de grappe » ou « effet d’agglomération ».
Cette étude établit à 3,5% en moyenne le surplus de productivité des petites et moyennes entreprises implantées dans les zones d’emploi les plus denses par rapport à celles implantées dans les zones les moins denses. Les résultats de l’analyse précisent cet écart dans les cinq régions étudiées : 3,5% en Occitanie, 3,4% en Auvergne-Rhône-Alpes, 3,2% en Île-de-France, 2,8% en PACA, 0,9% dans le Grand Est.
L’étude attribue une partie de cet effet à l’impact positif de la concentration de ces entreprises en une zone géographique, selon trois mécanismes :
- La concentration des entreprises sur un territoire permet de répartir le coût des infrastructures de transport ou de communication sur un nombre plus conséquent d’entreprises, mais aussi de bénéficier d’économies d’échelle ;
- La mise en commun du marché du travail permet un meilleur appariement entre des entreprises et des travailleurs plus spécialisés, ce qui atténue les chocs propres à l’entreprise et facilite le transfert de main-d’œuvre des établissements depuis les moins productifs vers les plus productifs ;
- L’observation des pratiques des entreprises voisines, des échanges informels ou la mobilité des travailleurs.
Il est intéressant de noter que l’écart de productivité entre une région et la moyenne nationale s’explique principalement par des facteurs propres à la région et non par une spécialisation dans des secteurs à forte valeur ajoutée. Les contraintes comme le coût élevé du foncier et les difficultés de recrutement pèsent davantage sur les PMI, dotées de moins de marge de manœuvre. Malgré ces contraintes, l’étude démontre bien que les PMI restent plus productives en zone dense, et que la productivité industrielle se construit localement par l’émergence d’écosystèmes : foncier disponible, bassins d’emploi et de formation…