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Ondes Urbaines

Aménagement du territoire

Vers une Stratégie nationale d’aménagement du territoire !



Dans le cadre de l’élaboration de sa Stratégie nationale d’aménagement du territoire (SNAT), la ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation Françoise Gatel a invité de nombreux élus, experts et décideurs publics à l’événement « 2035-2050, défis et avenir de l’aménagement du territoire ».
Villes de France était présente pour les trois ateliers autour du thème « Restaurer une vision stratégique de l’aménagement du territoire » :
 - Vie économique des territoires, soutenir la réindustrialisation, accompagner la réussite des grands projets ;
 - Conduire l’adaptation au changement climatique pour préserver les ressources de nos territoires et garantir l’entretien et la résilience des réseaux les plus essentiels ;
 - Cohésion nationale et transformations démographiques : préparer la France pour 2050.

Réindustrialisation : les villes moyennes en première ligne
Le premier atelier, coanimé par le sénateur Sébastien Fagnen et le géographe Arnaud Brennetot, a dressé un constat que Villes de France ne cesse de porter : la reconquête industrielle française ne se jouera pas dans les seules métropoles. Près de 75 % des établissements industriels sont aujourd’hui situés dans les petites villes, les villes moyennes et les espaces ruraux, où ils représentent parfois un quart de l’emploi local. 40 % des projets d’investissement étrangers se font dans des villes de moins de 20 000 habitants.
Pour Villes de France, la réussite des grands projets (EPR2, France 2030, sites « Notre-Dame ») ne se mesurera pas seulement à leur nombre, mais à la capacité des villes moyennes qui les accueillent à en capter les retombées : logement des salariés, mobilités du quotidien, foncier économique disponible, offre de formation.

Adaptation climatique : ne pas laisser les villes moyennes porter seules la dette climatique des réseaux
Le deuxième atelier a confronté les élus à une réalité désormais actée : la France se prépare à un réchauffement de +2,7 °C dès 2050 (trajectoire TRACC). Les vagues de chaleur seront multipliées par cinq, la sécheresse des sols s’allongera de deux à quatre mois, et le risque de feux de forêt gagnera des régions jusqu’ici épargnées, du Bassin parisien au Grand Est. Les villes moyennes doivent pouvoir poursuivre leur rénovation, leur végétalisation et la création de continuités fraîches.
L’enjeu des réseaux est aussi central pour nos collectivités : les communes et intercommunalités gèrent 98 % du réseau routier français et un patrimoine d’eau et d’assainissement renouvelé à un rythme deux fois inférieur à l’optimum (et un déficit d’investissement de 2 à 4 milliards d’euros par an). La « dette grise » s’ajoute à la « dette climatique » qu’il faut payer avant qu’elle ne coûte, comme le rappelle le Cerema, cinq à six fois plus cher demain.
Villes de France demande que l’effort de résilience annoncé par les grands opérateurs (RTE, SNCF Réseau, réseau routier national) irrigue aussi le réseau de proximité, largement à la charge des villes moyennes et de leurs intercommunalités. Sans ingénierie ni financements dédiés à cette échelle, l’adaptation climatique restera un objectif national sans traduction locale.

Démographie : anticiper plutôt que subir
Le troisième atelier a rappelé que la France, selon le scénario de l’Insee, ne croîtra plus que jusqu’en 2037 avant de perdre des habitants d’ici 2070. Environ 40 départements devraient voir leur population décroître d’ici 2050, avec des conséquences concrètes et immédiates sur l’école : les effectifs du premier et du second degré doivent reculer de 14,2 % entre 2025 et 2035, soit 1,68 million d’élèves en moins, avec un point d’inflexion dès 2028. Villes de France appelle de ses vœux une stratégie de long terme, construite avec les territoires, plutôt que des fermetures dans l’urgence. Le vieillissement touchera en priorité le Sud, le littoral atlantique et le périurbain : le nombre de personnes de 65 ans ou plus doublera d’ici 2050, avec des besoins accrus en offre de soins et en accompagnement à domicile dans des territoires où ces métiers sont déjà en tension.
Pour Villes de France, la baisse démographique ne doit pas se traduire par un double décrochage des territoires ruraux et des villes moyennes : ni sur la carte scolaire, ni sur l’offre de soins, ni sur le logement, où la vacance progresse déjà fortement dans les territoires en décroissance. L’anticipation, l’approche par bassin de vie et l’articulation des compétences entre communes, départements et régions doivent primer sur les ajustements au fil de l’eau.

À l’issue de ces trois ateliers, Villes de France retient trois messages qu’elle continuera de porter dans les prochaines étapes de la Stratégie nationale d’aménagement du territoire
 - Reconnaître les villes moyennes comme des territoires moteurs de la réindustrialisation et de la transition écologique, et non comme de simples relais des métropoles ;
 - Doter les villes moyennes et leurs intercommunalités des moyens humains et financiers nécessaires pour porter l’ingénierie de projet, qu’il s’agisse d’attractivité économique, d’adaptation des réseaux ou d’anticipation démographique ;
 - Généraliser les démarches d’anticipation et de co-construction plutôt que de laisser les territoires gérer les ruptures dans l’urgence.

17 Sept 2026




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