94 rue de Sèvres 75007 Paris

Ondes Urbaines

Finances

Centres de santé : un levier structurant mais budgétairement exigeant


Alors même qu’ils n’en ont pas la compétence obligatoire, de plus en plus de territoires font le choix de gérer directement des centres de santé afin de garantir l’accès aux soins et de lutter contre la désertification médicale, c’est le constat que vient d’effectuer l’OFGL dans son dernier Cap sur…n°32. En 2024, 225 collectivités portaient ainsi 324 centres de santé, pour un budget de fonctionnement global estimé à près de 300 millions d’euros.

L’initiative concerne tous les niveaux de collectivités : majoritairement le bloc communal (73 % des centres), mais aussi 20 départements et 3 régions via des GIP. Ces centres se déploient aussi bien dans les grandes villes que dans les petites communes rurales, dont certaines font du centre de santé un équipement structurant. Dans les territoires ruraux, ils représentent désormais plus d’un tiers des centres gérés par les collectivités.

Le profil des communes d’implantation est clair : populations plus précaires et difficultés d’accès aux médecins généralistes. Le revenu moyen par habitant y est inférieur à la moyenne nationale et 70 % de ces communes sont classées en zone d’intervention prioritaire par les ARS. Les centres de santé locaux prennent donc une place centrale dans la réponse aux inégalités de santé.

Pour les collectivités du bloc communal, l’enjeu budgétaire est réel : le budget de fonctionnement médian d’un centre atteint 675 500 € par an, avec un poids moyen de 3,1 % des dépenses de fonctionnement communales, et plus de 20 % pour les communes les plus petites et rurales. 60 % des collectivités supportent un reste à charge, d’environ un tiers des dépenses en moyenne, les recettes d’assurance maladie et les subventions ne couvrant pas l’ensemble des coûts. Les centres de petite taille, très orientés médecine générale, parviennent plus souvent à l’équilibre, alors que les structures plus importantes, offrant une palette élargie de missions (prévention, action sociale, coordination), présentent davantage de déficit.

Ce constat intervient avant la montée en charge du nouvel accord national des centres de santé signé en 2025, qui revalorise certaines missions. Pour les exécutifs locaux, il confirme toutefois deux réalités : ouvrir un centre de santé est un choix politique fort en faveur de la cohésion sociale et de l’attractivité médicale, mais c’est aussi un engagement financier durable qui doit être anticipé dans la stratégie pluriannuelle de la collectivité.

En savoir plus

n°515

28 Mai 2026




Directeur de la publication
Gil Avérous

Directeur délégué de la publication
Jean-François Debat

Rédactrice en chef
Albane Ricord Siwiecki

Rédaction
Armand Pinoteau, Anaëlle Chouillard

Secrétariat
Anissa Ghaidi