Roland Lescure, Ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, et Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l'Industrie, ont présenté mardi 5 mai dernier à Lacq, un plan national de résilience consacré « aux terres rares et aux aimants permanents », des matériaux devenus essentiels à l’électrification, à la mobilité électrique, aux énergies renouvelables et à plusieurs secteurs stratégiques comme la défense et l’aéronautique.
Ce plan répond à une dépendance particulièrement forte de l’Europe, alors que plus de 85% des capacités mondiales de séparation des terres rares sont concentrées dans un seul pays. L’objectif est clair : sécuriser les approvisionnements, relocaliser des maillons industriels décisifs et développer une filière européenne plus résiliente, créatrice d’emplois et d’activité sur les territoires.
Des retombées concrètes pour les territoires
Pour les collectivités locales, ce plan illustre une dynamique industrielle déjà à l’œuvre dans plusieurs bassins. À Lacq, La Rochelle et Grenoble, des projets structurants se développent ou montent en puissance, avec des effets attendus sur l’emploi, les compétences et la réindustrialisation locale. Le site de Lacq (64) concentre notamment le projet CAREMAG, appelé à produire des terres rares lourdes et légères, avec plus de 90 emplois annoncés sur place. À La Rochelle, Solvay modernise un site historique pour redevenir une référence européenne dans la séparation des terres rares, tandis que MagREEsource, à Grenoble, développe une filière de recyclage d’aimants permanents.
Une stratégie de filière
Ce plan s’articule autour de trois priorités : sécuriser les approvisionnements en amont, reconstruire une chaîne de valeur complète en France, et soutenir la demande en aval pour garantir des débouchés à la filière. Le Gouvernement mobilise pour cela plusieurs leviers : assouplissement de la garantie des projets stratégiques, prolongation du crédit d’impôt industrie verte jusqu’en 2028, prolongation de l’appel à projets « métaux critiques » de France 2030, et incitations à la diversification des approvisionnements dans l’automobile et l’éolien offshore.
Au-delà de l’industrie, cette stratégie touche directement les politiques publiques locales : attractivité économique, foncier industriel, formation, logistique, transition énergétique et structuration d’écosystèmes de sous-traitance.
La souveraineté industrielle n’est plus seulement une affaire nationale, elle se joue aussi dans des territoires capables d’accueillir, d’accompagner et de faire grandir ces nouvelles filières. Dans un contexte de tensions géopolitiques et de transition énergétique, les collectivités ont un rôle clé à jouer pour favoriser l’implantation des sites, la montée en compétences des acteurs locaux et l’acceptabilité des projets industriels.
Téléchargez le dossier de presse