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Ondes Urbaines

Sécurité-prévention

Projet de loi relatif aux polices municipales et garde champêtre : les débats en commission ont débuté à l’Assemblée



Le projet de loi n° 2 464 relatif aux polices municipales et aux gardes champêtres est actuellement en débat devant la commission des lois de l’Assemblée nationale jusqu’à ce jour, avant sa discussion prochaine en séance publique. Le projet de texte souhaite renforcer le rôle des polices municipales dans le continuum de sécurité, élargir leurs prérogatives, mieux organiser les mutualisations et renforcer le contrôle et la coordination.

Une proximité renforcée
Le premier message du projet de loi est politique autant que juridique : il réaffirme que les policiers municipaux et les gardes champêtres sont des acteurs de proximité essentiels, placés sous l’autorité du maire et associés aux forces de sécurité de l’État. Le texte inscrit explicitement leur contribution au bon ordre, à la sûreté, à la tranquillité et à la salubrité publiques, ainsi qu’à la prévention de la délinquance.
Pour les maires, cette reconnaissance confirme que la police municipale n’est plus seulement un outil d’appoint, mais un maillon identifié du système local de sécurité. Le Sénat avait validé cette orientation sans la modifier sur le fond.

Des pouvoirs judiciaires élargis
Le cœur du projet de loi concerne l’extension des prérogatives judiciaires des policiers municipaux et, dans plusieurs cas, des gardes champêtres. Le texte initial prévoyait déjà la possibilité de constater par procès-verbal plusieurs délits liés à l’ordre public et de recourir à l’amende forfaitaire délictuelle pour ces infractions. Le Sénat a encore renforcé ce volet en élargissant la liste des délits concernés et les fichiers consultables, dont le TAJ.
Le texte encadre toutefois strictement ces nouvelles compétences par l’exigence d’un contrôle direct et effectif du procureur de la République, via des personnels d’encadrement formés et habilités. L’objectif affiché est de donner plus d’efficacité locale tout en préservant les garanties juridiques et constitutionnelles.

Une organisation locale plus souple
Le projet de loi facilite aussi l’organisation des services. Il assouplit les conditions de recours aux assistants temporaires de police municipale, notamment pour les grands événements ou rassemblements exposés à un risque de trouble à l’ordre public. Il simplifie également les règles d’utilisation en commun, à titre temporaire, des effectifs et des moyens entre communes.
Concrètement, cela peut intéresser les maires confrontés à des pics saisonniers, à des manifestations exceptionnelles ou à des crises localisées. Le texte tend à rendre les mutualisations plus simples, plus réactives et mieux adaptées aux réalités territoriales.

Une convergence accrue avec les gardes champêtres
Le projet de loi ne traite pas seulement des polices municipales : il rapproche aussi leur régime de celui des gardes champêtres. Il étend à ces derniers plusieurs dispositifs de coordination, de contrôle et de mutualisation, et prévoit que la commission consultative des polices municipales puisse désormais traiter des sujets les concernant.
Le Sénat a même souhaité aller plus loin, en proposant pour les gardes champêtres un code de déontologie spécifique et un dispositif de contrôle renforcé. Pour les communes rurales ou périurbaines, cette évolution est loin d’être marginale : elle donne plus de lisibilité à une fonction souvent essentielle mais longtemps moins structurée que celle des polices municipales.

Ce que cela change pour les maires
Pour les maires, ce texte ouvre trois perspectives principales. D’abord, il donne davantage de marges de manœuvre opérationnelles aux polices municipales, avec des compétences plus larges et des modalités de renfort plus souples. Ensuite, il consolide l’articulation avec l’État, en rappelant que ces services s’inscrivent dans un cadre coordonné et contrôlé. Enfin, il renforce la place des gardes champêtres, particulièrement utile dans les communes rurales, les espaces naturels et les territoires à forte pression saisonnière.
En pratique, ce projet de loi peut être lu comme une étape supplémentaire dans la montée en puissance des polices municipales, avec un effet direct sur la doctrine d’emploi, la formation, l’encadrement et la coopération intercommunale.

Points de vigilance
Le texte n’est pas neutre pour les exécutifs municipaux. L’élargissement des missions suppose des moyens adaptés, une chaîne hiérarchique solide, des formations renforcées et une articulation claire avec le parquet et les forces de sécurité de l’État. Il peut aussi accentuer les attentes des habitants en matière de sécurité de proximité, sans que toutes les communes disposent des mêmes capacités humaines et budgétaires.
Autre point important : la montée en puissance des pouvoirs doit rester compatible avec la doctrine d’emploi décidée localement par le maire, afin d’éviter une transformation implicite de la police municipale en police de substitution. Le texte cherche précisément à trouver cet équilibre entre proximité, efficacité et encadrement. Affaire à suivre…

n°512

30 Avril 2026




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