Réuni par deux fois en 2025 sous le précédent Gouvernement, un Comité d’alerte des finances publiques s’est tenu ce mardi 22 avril, la première fois depuis que la loi de finances pour 2026 a été adoptée.
Cette instance qui rassemble parlementaires, partenaires sociaux et représentants des collectivités locales, a pour mission de « dresser un état des lieux précis des finances publiques et de l’exécution du budget ».
Face à l’aggravation des difficultés économiques résultant de la crise internationale, le ministre de l’économie, Roland Lescure, estime de 4 à 6 milliards d’euros l’impact de la guerre sur les finances publiques ; aussi le Gouvernement vient d’acter la nécessité de dégager potentiellement 6 milliards d’euros supplémentaires pour compenser ces surcoûts.
En effet, la charge de la dette devient le premier poste de dépenses (environ 64 milliards d’euros en 2026 pour l’Etat) devant les dépenses liées à l’Education nationale (63 milliards hors pensions). En plus du ralentissement prévisible sur les recettes fiscales, d’après les chiffres présentés lors de ce Comité d’alerte, l’impact financier de la guerre se décompose en trois piliers : 3,6 milliards d’euros au titre de la hausse de la charge de la dette, 1 milliard d’euros au titre de l’intensification des opérations extérieures des armées, 1 milliard d’euros au titre de l’inflation sur les dépenses indexées et les allègements de cotisations sociales. A ces montants, s’ajoutent les dernières aides sectorielles (transporteurs, agriculteurs, pêcheurs…) pour 150 millions d’euros.
Dès lors pour absorber ce choc, le Premier ministre envisagerait des « mesures supplémentaires de freinage de la dépense », avec pour conséquence cet effort de 6 milliards d’euros. Quatre milliards d’euros concerneraient des gels ou annulations ciblées de crédits d’Etat ou de ses opérateurs, et deux milliards d’euros porteraient sur des mesures d’économies de la sphère sociale. Le détail de ces décisions n’a pas encore été arbitré mais la plupart des ministères devraient être concernés. Un prochain Comité d’alerte est prévu pour le mois de juin.