En France, 99 % des eaux usées traitées sont rejetées dans le milieu naturel. Seul 1% est aujourd’hui réutilisé. Dans un contexte de sécheresses répétées et de tensions croissantes sur la ressource, ce chiffre interroge.
L’Institut Terram publie une étude qui analyse la réutilisation des eaux usées traitées (REUT) comme un outil de résilience territoriale, notamment pour l’agriculture. Cette étude a été présentée par ses deux auteurs ce mercredi 25 février 2026 sur le stand Veolia lors du Salon international de l’Agriculture.
La REUT ne crée pas d’eau nouvelle. Elle permet de substituer des prélèvements dans les milieux naturels en mobilisant une ressource déjà traitée. Bien pensée, elle peut sécuriser l’irrigation dans les territoires soumis à des déficits estivaux récurrents et réduire les conflits d’usage.
La dynamique française s’accélère depuis le Plan Eau de 2023, mais les projets restent encore ponctuels. L’enjeu n’est plus expérimental : il s’agit désormais de consolider les modèles économiques, clarifier la gouvernance et accompagner les collectivités dans le passage à l’échelle.
Les expériences internationales montrent que la REUT peut devenir un pilier structurant de la politique de l’eau : 15 % des volumes mobilisés en Espagne, près de 90 % des eaux usées réutilisées en Israël.
Sur le plan économique, la REUT n’est pas pertinente pour toutes les filières. Mais pour les cultures à forte valeur ajoutée, elle peut devenir un investissement stratégique en sécurisant les rendements et en réduisant l’aléa climatique.
L’acceptabilité sociale progresse : 82 % des Français jugent souhaitable son recours face au changement climatique (Baromètre Kantar/CIEAU 2025).
Pour les collectivités, l’enjeu est d’intégrer la REUT dans une stratégie globale de gestion de l’eau associant sobriété, efficacité des usages et protection des milieux. Sa réussite suppose une gouvernance locale solide et des partenaires techniques capables de garantir la qualité sanitaire, la fiabilité des infrastructures et la viabilité économique des projets. La REUT ne remplacera pas la sobriété. Mais mobilisée de manière ciblée et collective, elle peut devenir un levier structurant de résilience hydrique pour les territoires
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