Lancée en janvier 2025 à l’initiative de la direction des Sports du ministère des Sports, de l’Agence nationale du Sport et du Pôle Ressources National Sport Innovations, l’étude vise à mesurer l’occupation réelle des équipements sportifs en France métropolitaine, comprendre la demande et la satisfaction des usagers puis formuler des recommandations pour ajuster les investissements dans un contexte de contraintes budgétaires, foncières et climatiques.
Premier constat : il faut distinguer occupation et fréquentation. L’occupation correspond aux créneaux réservés sur le planning, tandis que la fréquentation mesure la présence réelle. Cette différence explique une partie des tensions car certains équipements apparaissent saturés « sur le papier » alors qu’une fraction des créneaux réservés n’est pas utilisée.
Pour les équipements à accès contrôlé de type gymnases et salles multisports, le taux d’occupation moyen en période scolaire atteint 74 %. L’étude met toutefois en évidence des marges d’optimisation car entre 12 % et 17 % des créneaux réservés ne sont pas effectivement fréquentés et l’occupation chute le week-end et pendant les vacances, notamment l’été. Les clubs et associations concentrent l’essentiel des créneaux, devant les scolaires, tandis que la pratique libre reste marginale.
À l’inverse, les équipements individualisés comme les piscines, patinoires et golfs se distinguent par de fortes amplitudes d’ouverture (en moyenne 306 jours par an) et une fréquentation majoritairement grand public. La piscine ressort comme l’équipement le plus fréquenté.
La monographie menée en Nouvelle-Aquitaine en particulier apporte deux éclairages utiles. Sur l’accès libre, la fréquentation est très inégale selon les sites avec des publics sous-représentés (femmes et seniors) et un impact net des épisodes de chaleur qui réduit fortement l’usage lors des journées de canicule. Sur les équipements scolaires, environ la moitié des établissements ouvrent aux usagers externes mais 80 % déclarent disposer de créneaux vacants, surtout le week-end et pendant les vacances, révélant un potentiel de mutualisation.
Côté usagers, l’enquête nationale menée auprès de 5 000 personnes confirme un niveau de satisfaction globalement élevé (81 % pour l’accès contrôlé, 78 % pour l’accès libre) mais une attente forte d’amélioration des services et de l’état du parc. La demande reste très élevée : près de 8 Français sur 10 souhaitent davantage d’équipements dans leur commune, avec des frustrations plus marquées dans les petites communes.
Les recommandations convergent vers un changement de méthode : mieux mesurer avant de construire (diagnostic d’usage), mieux piloter les créneaux (transparence, règles de réattribution, gouvernance partagée), activer les périodes creuses, ouvrir davantage à la pratique libre et mieux valoriser le gisement des équipements scolaires tout en intégrant l’adaptation climatique dans la conception et la rénovation.
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