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Ondes Urbaines

Education

Carte scolaire : vers plus de visibilité et de concertation pour les territoires



Face à la baisse continue de la démographie scolaire et aux difficultés rencontrées par de nombreuses communes, le Sénat a publié un rapport en décembre 2025 qui appelle à une évolution profonde de la manière dont est élaborée la carte scolaire.
Le constat est largement partagé par les élus locaux : les décisions d’ouvertures et de fermetures de classes sont souvent perçues comme brutales, peu lisibles et insuffisamment concertées alors même qu’elles ont des conséquences durables sur la vitalité des territoires.
Entre 2017 et 2024, le nombre d’élèves du premier degré a diminué de près de 500 000 et la baisse devrait atteindre près d’un million d’ici 2029.
Le rapport souligne que si cette baisse des effectifs constitue un défi majeur pour le système éducatif, elle peut également être l’occasion de repenser l’organisation scolaire afin de renforcer la proximité éducative et la qualité de l’enseignement. Pour cela, les rapporteurs estiment indispensable de sortir d’une approche trop mécanique, reposant essentiellement sur des critères nationaux et arithmétiques, en particulier le ratio enseignants par élève qui ne reflète pas toujours les réalités locales.
Les rapporteurs pointent également le manque de visibilité pour les communes. Les décisions sont souvent prises à court terme, avec peu de marges de discussion, et produisent un sentiment d’irréversibilité. Une classe fermée est difficile à rouvrir, même lorsque les effectifs repartent à la hausse, en raison de seuils de réouverture plus élevés que ceux de fermeture.
Dans ce contexte, le rapport insiste sur la nécessité de renforcer le rôle des collectivités territoriales. Sans remettre en cause la compétence de l’État en matière d’éducation, il reconnaît aux communes et intercommunalités une place centrale dans l’anticipation des évolutions démographiques, l’aménagement du territoire et la vitalité locale.
Parmi les propositions structurantes figure la mise en place de conventions triennales entre l’État et les collectivités territoriales. Ces conventions viseraient à offrir une visibilité pluriannuelle sur l’évolution de la carte scolaire, en contrepartie d’un engagement local sur l’organisation du tissu scolaire, les services périscolaires et les projets éducatifs.
Le rapport recommande également d’élargir les critères pris en compte dans les décisions de carte scolaire. Les conditions d’enseignement, comme la présence de classes multiniveaux, les temps de transport et d’attente des élèves, la stabilité des équipes enseignantes ou encore la scolarisation d’élèves à besoins éducatifs particuliers ou allophones, devraient être davantage considérées. Il en va de même pour les projets pédagogiques en cours qui s’inscrivent par nature dans le temps long. Au-delà de la seule organisation scolaire, les rapporteurs rappellent que la carte scolaire est un véritable outil d’aménagement du territoire et un levier au service des élèves.

Consulter la synthèse du rapport (rapport complet à venir)

n°496

08 Jan 2026




Directeur de la publication
Gil Avérous

Directeur délégué de la publication
Jean-François Debat

Rédactrice en chef
Albane Ricord Siwiecki

Rédaction
Armand Pinoteau, Anaëlle Chouillard, Hector Véniard, Paul Perrillat-Mercerot

Secrétariat
Anissa Ghaidi