ONDES
URBAINES

Ondes urbaines n°128 - 19/04/2017

Election présidentielle 2017

Les réponses des candidats à Villes de France


Le 20 mars 2017, Villes de France a adressé aux onze candidats à l’élection présidentielle retenus par le Conseil constitutionnel, un courrier présentant « Les priorités de Villes de France pour 2017-2020 », les appelant à s’engager sur ces priorités.
A la date du 18 avril 2017, sept candidats ont répondu à ce courrier, dont trois, Nathalie Arthaud, Jacques Cheminade, Jean-Luc Mélenchon, ont fait part de leur manque de temps pour une réponse personnalisée, mais ont invité à se référer à leur programme en ligne tout en rappelant leur attachement à la commune.
Quatre candidats ont adressé une réponse plus étayée. Ondes urbaines, vous en livre la teneur, avec par ordre alphabétique :
François Asselineau répondant à la présidente de Villes de France, Caroline Cayeux, précise que : « vos questions sont légitimes, mais il convient de rappeler que les sujets sur lesquels vous nous interpellez sont des considérations législatives et non pas présidentielles : le seul Président ne peut pas agir sur la loi, il doit également compter sur une majorité à l’Assemblée nationale pour que de telles lois soient proposées, promulguées, ou même rappelées. L’article 5 de la Constitution prévoit que le rôle du Président de la République est un rôle d’arbitrage, qu’il est garant de l’indépendance nationale et du respect des traités. (…) Mon programme revêt néanmoins un attachement fort aux communes de France, à l’inscription du maillon démocratique qu’elles représentent dans la Constitution, il est donc essentiel pour nous qu’elles soient protégées. »
Nicolas Dupont-Aignan en réponse aux priorités de Villes de France, indique que : « L’administration de l’État et sa justice doivent effectivement être rendues plus efficaces et nous devons instaurer au plus vite des règles plus transparentes, par exemple dans l’affectation des postes de préfets, et mettre un terme aux pratiques de « copinage » qui ont explosé lors du dernier quinquennat (…).
Il serait irresponsable d’ajouter de nouvelles normes à celles que le quinquennat qui s’achète a introduites dans la gestion des collectivités territoriales. Le stock des 400 000 normes existantes les paralyse suffisamment.
Je propose la mise en place d’un véritable statut de l’élu, qui jouira d’une vraie formation et d’une garantie de retour à l’emploi et de retraite pour les salariés du secteur privé qui veulent s’investir dans la vie publique (…).
Pour répondre aux besoins locaux de sécurité et augmenter les pouvoirs de police des maires, ceux-ci auront la possibilité de décider de la fermeture d’un établissement recevant du public (ERP) pour des nuisances (sonores notamment), pour les trafics et non-respects de toute forme de réglementation…
J’abrogerai la loi NOTRe et la remplacerai par une véritable réforme territoriale qui replacera la commune au cœur de la république (…). Je stopperai les réductions des dotations de l’Etat, et annulerai la réforme des rythmes scolaires (…)."
François Fillon précise « sa vision de ce qu’il convient de faire pour les collectivités territoriales ces cinq prochaines années », en l’occurrence « de tenir les budgets, réduire les effectifs, se concentrer sur les priorités et mutualiser les politiques. Mon objectif est de parvenir à une baisse des dotations d’un milliard et demi d’euros par an, soit 7,5 milliards sur les cinq ans."
"Je propose un pacte territorial inédit entre l’Etat et les collectivités territoriales. Je ne veux plus qu’on impose les mêmes règles administratives dans les agglomérations urbaines, dans les villes moyennes, dans les territoires ruraux et même parfois dans les départements d’outre-mer. Je ne veux plus que les élus soient mis devant le fait accompli par des ministres et des administrations qui les prennent pour leurs sous-traitants et leur imposent des normes et des contraintes souvent absurdes et jamais financées (…)."
Le France ne saurait se résumer à ses grandes agglomérations et ses 22 métropoles, qui bénéficient de la grande majorité des financements et des projets de développement. (…) Les villes moyennes doivent avoir leur mot à dire (…).

 

Je propose une politique innovante pour faire vivre nos territoires : aucune zone de notre espace national ne doit être en dehors de la révolution numérique ;  au niveau scolaire, je propose l’autonomie des établissements qui permettra de mieux associer les collectivités qui doivent être parties prenantes des projets pédagogiques ; pour la sécurité, les maires doivent être au cœur des politiques de proximité en renforçant et armant les polices municipales : pour la santé, je veux regrouper les meilleurs plateaux techniques, multiplier les maisons de santé, développer les primes d’engagement offertes aux jeunes médecins (…)."
Benoît Hamon dans sa réponse à la présidente de Villes de France  estime « qu’il faut désormais stabiliser notre organisation territoriale pour permettre aux élus de se concentrer sur l’action publique.
Je n’accepte pas l’idée qu’un territoire de notre pays puisse être ou se sentir délaissé. Les richesses des territoires qui composent la France, fait la force de notre pays, que ce territoire soit rural ou urbain, de l’Hexagone aux outre-mer.
Je veux une France qui réunit l’ensemble des Français sur l’ensemble du territoire. Je veillerai à que ce qu’aucun territoire ne soit oublié durant mon quinquennat. Je souhaite mener une politique ambitieuse d’aménagement du territoire. Mais auparavant je considère qu’il est primordial d’engager un dialogue constructif avec les collectivités car nous croyons en l’intelligence collective de ces territoires.
Je souhaite organiser une grande conférence des territoires avant la fin 2017. Elle permettra d’établir entre l’Etat et les collectivités une feuille de route. Il faut restaurer le dialogue de confiance entre l’Etat et les collectivités et ce afin de satisfaire au mieux les besoins de la populations.
Je m’engage à stabiliser les dotations aux collectivités locales. Je souhaite une réforme de la dotation globale de fonctionnement pour prendre en compte les ressources de chacun, mais aussi la réalité des charges.
Je propose de garantir à chacun de nos concitoyens l’accès au service public et instaurer « une garantie services publics » universelle avec un panier de services à moins de 30 mn. Je propose aussi de créer un fonds unique dédié à la revitalisation des centre-bourgs et des centre-villes (…). »

n°128

19 Avril 2017

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Directeur de la publication
Présidente : Caroline CAYEUX, sénateur-maire de Beauvais, présidente de la CA du Beauvaisis

Directeur délégué
Jean-François DEBAT, maire de Bourg-en-Bresse, président de la CA Bourg-en-Bresse Agglomération

Rédactrice en chef
Nicole Gibourdel

Rédaction
Céline Juteau, Armand Pinoteau, Jean-Sébastien Sauvourel, Nicolas Trouvé

Secrétariat
Anissa Ghaidi