ONDES
URBAINES

Ondes urbaines n°145 - 20/09/2017

Enseignement supérieur

L’université de proximité en débat à Saint-Brieuc


Dans un contexte où les villes et intercommunalités sont de plus en plus sollicitées pour apporter leur concours au remboursement des dettes abyssales de la France, de nombreux élus se posent toute une série de questions pour savoir comment continuer à construire la cohésion de nos territoires en considérant l’existence d'un certain nombre de réalités, comme la présence de pôles d’enseignement supérieur de proximité.
Leur présence est une réalité d’autant plus importante pour nos territoires que le risque d’un enseignement supérieur à deux vitesses, qui opposerait proximité et performance, est plus que jamais d’actualité avec un risque d'accroissement des inégalités sociales et territoriales existantes.
C’est pourquoi, villes et universités de proximité demandent une reconnaissance de leurs rôles, de leurs missions, mais également de leurs plus-values. C’était tout le sens du colloque organisé par Villes de France, en partenariat avec l’Association des Villes Universitaires de France (AVUF) et l’agglomération Saint-Brieuc Armor, les 14 et 15 septembre derniers.
Comment faire de la proximité un facteur d’excellence ?
Comment faire des collectivités locales les partenaires de référence de l’université de demain ?
Tels étaient les sujets dont ont débattu élus locaux et responsables universitaires.
Lors de son discours d’ouverture de la deuxième journée, Caroline Cayeux, Sénateur-maire de Beauvais et Présidente de Villes de France, a fait part de ses inquiétudes quant au risque d’un appauvrissement des missions du service public de l’enseignement supérieur de proximité, en termes de formation et de recherche, induit par ce mouvement de concentration. Et d’ajouter : « J’espère que cette rencontre nous permettra d’avancer vers une position commune, nous autorisant à défendre un principe simple : est-il plus opportun de privilégier le classement de Shanghai ou la lutte contre le chômage et l’insertion de nos jeunes ? Je pense, pour ma part, que les deux sont possibles. »
Les participants se sont, par ailleurs, accordés sur le bénéfice de tels pôles et les dynamiques de long terme qui innervent et valorisent les territoires et ses acteurs : l’amélioration de la démocratisation de l’accès à l’enseignement supérieur, l’élévation du niveau de qualification supérieure de la population et de l’insertion professionnelle des étudiants, le renforcement de la compétitivité économique locale, …
C’est à l’aune de ce constat que la Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Frédérique Vidal, a reconnu, dans son intervention, toute la place des collectivités territoriales dans la réussite des politiques publiques de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation. En outre, la Ministre a fait part de son projet de réformer le premier cycle universitaire afin de garantir aux étudiants une formation adaptée ; projet auquel Villes de France et l’AVUF souscrivent pleinement. De la même manière, elles saisissent le souhait de Frédérique Vidal de voir renforcer la « signature » de chaque territoire en matière de formation des jeunes, au motif qu’ « il n’y a pas de solution toute faite ».
Villes de France et l’AVUF espèrent, dès lors, que cette première rencontre permettra d’aboutir réellement à des mesures concrètes pour que les villes moyennes et les pôles d’enseignement supérieur de proximité soient pleinement associés aux réformes à venir.

 

 

n°145

20 Sept 2017

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Directeur de la publication
Présidente : Caroline CAYEUX, maire de Beauvais, présidente de la CA du Beauvaisis

Directeur délégué
Jean-François DEBAT, maire de Bourg-en-Bresse, président de la CA Bourg-en-Bresse Agglomération

Rédacteur en chef
Jonathan Gainche

Rédaction
Céline Juteau, Armand Pinoteau, Jean-Sébastien Sauvourel

Secrétariat
Anissa Ghaidi